• Myriam Marzio – Associée de recherche

    Université Paris I Panthéon-Sorbonne

    Décrite par la presse et les publications scientifiques, l’émergence mondiale des communs questionne le rôle de la puissance publique et du marché. En effet, aucun de ces systèmes de régulation n’est parvenu à enrayer la logique, désormais mondialisée, de captation des ressources naturelles et culturelles.

    Dans ce contexte, bien que la production normative demeure essentiellement centralisée, les institutions étatiques font désormais l’objet d’une crise structurelle profonde. De nombreux travaux ont en effet mis en évidence la montée des résistances aux contraintes normatives, du fait de l’extériorité du citoyen vis-à-vis de la politique publique, du caractère péremptoire de la norme, de l’obsolescence programmée des normes édictées par la gouvernance conventionnelle, des limites des instruments législatifs et de la sédimentation du paysage administratif : « l’État bloqué » se trouve en décalage avec la société civile.

    Ce travail de recherche a vocation à démontrer un mode de collaboration novateur entre la puissance publique, la société civile et les experts, et non d’évacuer l’État et ses institutions comme un phénomène obsolète. Entreprendre une recherche sur les modes de gouvernance alternatifs au modèle conventionnel ouvre des perspectives juridiques, politiques et pratiques considérables. En effet, le mouvement des communs a une ampleur telle qu’il impacte les modes conventionnels de gouvernance et la production normative centralisée et ouvre des perspectives d’accompagnement par la puissance publique de la prise en charge des affaires publiques par les citoyens, ainsi que des réflexions sur la fonction anthropologique du droit.

    Ce mouvement est de nature à questionner la quasi totalité des structures catégoriques du droit actuel qui opposent de manière dichotomique droit public et droit privé, propriété privée et propriété collective, forme et fond, consentement et accord, intérêt général et intérêt particulier.